TC-ECO · 3 ECTS

Économie Générale

30h CM + 20h TP — 15 séances. Microéconomie et macroéconomie, du marché du riz à la politique monétaire de la BCM.

15 Séances 30h CM 20h TP 3 ECTS
1

Chapitre 1 — Introduction à l'économie : rareté, choix et circuit économique

Semaine 1CM · 2h
Définir l'économie et expliquer le problème de la rareté
Savoir expliquer
Distinguer les besoins, les biens et les services, et les facteurs de production
Savoir faire
Représenter le circuit économique entre ménages, entreprises, État et extérieur
Savoir analyser
Illustrer le problème économique à partir d'exemples concrets de Madagascar
Savoir produire

1. Définition et problème de la rareté

L'économie est la science qui étudie la façon dont les individus et les sociétés utilisent des ressources rares pour satisfaire des besoins illimités. Le cœur du problème économique est donc la rareté : les ressources (terre, travail, capital, temps) existent en quantité limitée alors que les besoins sont nombreux. Cette tension impose de faire des choix et de renoncer à quelque chose — c'est la notion de coût d'opportunité.

À Madagascar, ce problème est très visible : un budget public limité doit arbitrer entre éducation, santé et infrastructures ; une famille paysanne du Sud doit choisir entre semer du maïs ou du manioc sur un même champ. Produire quoi, comment et pour qui ? reste la question fondamentale de toute organisation économique.

2. Besoins, biens, services et facteurs de production

  • Besoin : sentiment de manque que l'on cherche à satisfaire (manger, se loger, se déplacer). Les besoins sont illimités et hiérarchisés (Maslow).
  • Bien économique : produit matériel issu d'un effort de production (riz, smartphone, vélo). Un bien libre (air, lumière) n'a pas de valeur marchande.
  • Service : prestation immatérielle (transport, santé, télécommunications).
  • Facteurs de production : travail (effort humain), capital (machines, bâtiments, outils) et ressources naturelles. On y ajoute parfois le facteur technologique (organisation, innovation).

3. Les agents économiques et le circuit

L'économie moderne distingue quatre catégories d'agents : les ménages (consomment, épargnent, offrent leur travail), les entreprises (produisent, investissent), l'État et les administrations (régulent, redistribuent) et le reste du monde (échanges internationaux). Ils échangent des flux réels (biens, services, travail) et des flux monétaires (revenus, dépenses) que l'on résume dans le circuit économique.

AgentFonction principaleRevenus reçusDépenses réaliséesExemple à Madagascar
MénagesConsommationSalaires, revenus mixtesConsommation, impôtsFamilles d'Antananarivo et de Tuléar
EntreprisesProduction et investissementChiffre d'affairesSalaires, achats, impôtsJIRAMA, SIRAMA, artisans
ÉtatRégulation et redistributionImpôts et taxesBiens publics, transfertsÉtat malgache, collectivités
ExtérieurÉchangesExportationsImportationsVanille, textile, nixtamal

4. Microéconomie et macroéconomie

L'économie se divise en deux grandes branches. La microéconomie étudie les comportements individuels : le consommateur, le producteur et le fonctionnement d'un marché particulier (chapitres 3 à 10). La macroéconomie étudie les grandeurs globales : la production nationale, l'inflation, l'emploi et les politiques économiques (chapitres 11 à 14).

circuit.txtSchéma du circuit économique
                     MARCHÉ DES BIENS ET SERVICES
                 (ménages achètent, entreprises vendent)
                          ▲                        │
      dépenses (Ar)       │                        ▼  biens & services
 ┌─────────────────────────────────────────────────────────────────────┐
 │                            MÉNAGES ⇄ ENTREPRISES                     │
 └─────────────────────────────────────────────────────────────────────┘
      travail offert       │                        ▲  salaires (Ar)
                          ▼                        │
                     MARCHÉ DU TRAVAIL
                 (entreprises demandent du travail)
         ┌──────────────────────────────────────────┐
         │  ÉTAT : prélève des impôts, redistribue,  │
         │  produit des biens publics (routes, écoles)│
         │  RESTE DU MONDE : exportations / importations│
         └──────────────────────────────────────────┘
Exercice 1 — Introduction à l'économie

a) Expliquez en quoi le problème de la rareté concerne une famille de pêcheurs de Tuléar, puis donnez trois exemples de choix économiques qu'elle doit effectuer.

b) Classez les éléments suivants en biens libres ou biens économiques, puis en biens ou services : le poisson de la pêche artisanale, une consultation médicale, l'air, une carte MVola, un cours à l'université.

c) Représentez le circuit économique en plaçant correctement les ménages, les entreprises, l'État et l'extérieur, avec les flux réels et monétaires entre eux.

d) BONUS — Calculez le coût d'opportunité pour un bachelier qui choisit d'étudier au MUST plutôt que de travailler, en listant les ressources auxquelles il renonce.

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Chapitre 2 — Les grands courants de la pensée économique

Semaine 1CM · 2h
Situer dans le temps les grands courants de la pensée économique
Savoir expliquer
Associer chaque auteur à ses idées principales et à son époque
Savoir faire
Comparer la vision libérale (classiques, néoclassiques) et keynésienne de l'intervention de l'État
Savoir analyser
Relier ces courants aux débats actuels sur la politique économique à Madagascar
Savoir produire

1. Les précurseurs : mercantilisme et physiocratie

Le mercantilisme (XVIᵉ–XVIIIᵉ siècles, Colbert) considère que la richesse d'une nation se mesure à ses réserves d'or et d'argent : l'État doit donc favoriser les exportations et limiter les importations. Les physiocrates (Quesnay, XVIIIᵉ siècle) déplacent l'analyse : seule la terre produit une richesse nette, l'agriculture est la vraie source de valeur — une leçon toujours pertinente pour un pays agricole comme Madagascar.

2. Les classiques (XVIIIᵉ–XIXᵉ siècles)

Adam Smith (1723-1790), dans La Richesse des nations (1776), fonde le libéralisme : la main invisible transforme l'intérêt individuel en bien-être collectif, la division du travail accroît la productivité, et l'État doit se limiter à ses fonctions régaliennes. David Ricardo (1772-1823) théorise les avantages comparatifs du commerce international et la répartition du revenu entre salaires, profits et rentes. Jean-Baptiste Say (1767-1832) énonce la fameuse loi des débouchés : « l'offre crée sa propre demande » — toute production trouve son débouché, donc les crises ne peuvent pas être durables.

3. Marx et le socialisme scientifique

Karl Marx (1818-1883), dans Le Capital, critique le capitalisme : la valeur provient du travail, et l'exploitation des travailleurs naît de l'appropriation de la plus-value par les capitalistes. Il annonce la concentration des richesses et les crises de surproduction, et propose le socialisme puis le communisme comme issues. Bien que contestée, sa critique reste une grille d'analyse des inégalités.

4. Les néoclassiques et la révolution marginaliste

Vers 1870, Menger, Jevons et Walras fondent l'analyse marginaliste : la valeur d'un bien est déterminée par son utilité marginale (l'utilité de la dernière unité consommée), non par son coût de production. L'économie devient une science de l'équilibre obtenu par la confrontation de l'offre et de la demande. C'est le fondement des chapitres 3 à 10 de ce cours.

5. Keynes et la crise de 1929

La Grande Dépression des années 1930 contredit la loi de Say : l'offre ne trouve plus son débouché. John Maynard Keynes (1883-1946), dans la Théorie générale (1936), montre que la demande globale peut être insuffisante et que l'État doit alors soutenir la demande par la dépense publique (politique de relance budgétaire). L'économie keynésienne justifie l'intervention publique que les politiques modernes appliquent en période de crise.

6. Les courants contemporains

Le monétarisme de Milton Friedman (XXᵉ siècle) renoue avec le libéralisme : l'inflation est « toujours et partout un phénomène monétaire », et la banque centrale doit contrôler la masse monétaire. La nouvelle économie classique et les libéraux prônent la stabilité et des marchés libres. En parallèle, l'institutionnalisme (North, Acemoglu) insiste sur le rôle des institutions, des droits de propriété et de la gouvernance dans le développement.

CourantAuteursIdée centraleRôle de l'État
MercantilismeColbertRichesse = or et excédent commercialDirigiste (protéger l'industrie)
ClassiquesSmith, Ricardo, SayMain invisible, avantages comparatifsMinimal (État gendarme)
MarxismeMarx, EngelsValeur-travail, exploitation, plus-valuePropriété collective
NéoclassiquesWalras, Menger, JevonsUtilité marginale, équilibre de marchéNon-intervention
KeynésiensKeynesDemande effective, relanceInterventionniste
MonétaristesFriedmanL'inflation est monétaireRègles, cible d'inflation
Exercice 2 — Les grands courants de la pensée économique

a) Construisez une frise chronologique de 1750 à nos jours plaçant les six courants étudiés avec leurs auteurs et leurs dates clés.

b) Pour chaque courant, citez une idée et un auteur, puis expliquez comment cette idée répond au problème de la rareté.

c) Comparez la loi de Say et l'analyse de Keynes : pourquoi la crise de 1929 contredit-elle l'une et justifie-t-elle l'autre ?

d) BONUS — À Madagascar, la crise alimentaire et l'augmentation du prix du riz sont-elles mieux analysées par les classiques, les keynésiens ou les monétaristes ? Justifiez en 10 lignes.

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Chapitre 3 — Le fonctionnement du marché : offre, demande et équilibre

Semaine 2CM · 2h
Définir le marché, la demande et l'offre avec leurs lois
Savoir expliquer
Tracer et interpréter les courbes d'offre et de demande
Savoir faire
Déterminer graphiquement et algébriquement le prix et la quantité d'équilibre
Savoir analyser
Analyser l'impact des interventions de l'État (prix plafond, prix plancher) sur le marché du riz
Savoir produire

1. Le marché : lieu de rencontre de l'offre et de la demande

Le marché est le mécanisme par lequel acheteurs et vendeurs d'un même bien se rencontrent pour fixer un prix. Il peut être concret (marché de Zoma à Antananarivo, marché de Betania à Tuléar) ou dématérialisé (bourses, plateformes de e-commerce). Le prix est le signal qui coordonne les décisions de tous les acteurs.

2. La demande : définition et loi

La demande d'un bien est la quantité que les consommateurs sont prêts à acheter à chaque prix possible, toutes choses égales par ailleurs. Sa loi est décroissante : quand le prix augmente, la quantité demandée diminue, car les consommateurs se reportent sur des substituts ou renoncent à acheter. La courbe de demande se trace donc en pente négative.

3. L'offre : définition et loi

L'offre est la quantité que les producteurs sont prêts à vendre à chaque prix. Sa loi est croissante : quand le prix augmente, la production devient plus rentable et l'offre augmente. La courbe d'offre se trace en pente positive.

4. L'équilibre de marché

Le prix d'équilibre est le prix qui égalise la quantité offerte et la quantité demandée. Au-dessous de ce prix, la demande excède l'offre (pénurie) ; au-dessus, l'offre excède la demande (surplus). Le mécanisme des prix ramène le marché vers l'équilibre : c'est le principe de la main invisible.

Prix du riz (Ar/kg)Quantité demandée (tonnes)Quantité offerte (tonnes)Situation du marché
1 2005 0001 500Pénurie (excès de demande)
1 6003 8003 000Pénurie légère
2 0002 8002 800ÉQUILIBRE
2 4002 0004 200Surplus (excès d'offre)

5. Les interventions de l'État

L'État peut fixer un prix plafond (prix maximum, pour protéger les consommateurs) ou un prix plancher (prix minimum, pour protéger les producteurs). Le prix plafond crée une pénurie (d'où les files d'attente et le marché noir), le prix plancher crée un surplus. À Madagascar, le contrôle du prix du riz et de l'essence illustre ces mécanismes.

equilibre.txtGraphique de l'équilibre
Prix (Ar)
   │
P₀ ┤───────────────●──────────────────
   │               │\
   │               │ \   offre (croissante)
   │               │  \
   │    demande    │   \
   │   (décroissante)
   │               │
   └───────────────┼────────────────── Quantité
                  Q₀
      ● = point d'équilibre (P₀, Q₀) : offre = demande

Cas d'un prix plafond P↑ < P₀ :
   demande réelle > offre réelle → PÉNURIE
Cas d'un prix plancher P↓ > P₀ :
   offre réelle > demande réelle → SURPLUS
Exercice 3 — Le fonctionnement du marché

a) Tracez les courbes d'offre et de demande à partir du tableau du marché du riz et déterminez le prix et la quantité d'équilibre.

b) La demande de riz est donnée par Qd = 5 200 − 1 200P et l'offre par Qo = −1 000 + 1 900P (P en milliers d'Ar). Calculez le prix d'équilibre P* et la quantité d'équilibre Q*.

c) Le gouvernement fixe un prix plafond du riz à 1 500 Ar/kg alors que le prix d'équilibre est de 2 000 Ar/kg. Décrivez les conséquences : pénurie, file d'attente, marché noir.

d) BONUS — Sur le marché des litchis exportés vers l'Europe, une sécheresse réduit l'offre. Montrez graphiquement le nouvel équilibre et expliquez l'évolution du prix et de la quantité.

4

Chapitre 4 — L'offre : déterminants et déplacements de la courbe

Semaine 2CM · 2h
Expliquer la fonction d'offre et la loi de l'offre
Savoir expliquer
Distinguer un déplacement le long de la courbe d'un déplacement de la courbe
Savoir faire
Analyser l'effet des coûts, des technologies et du climat sur l'offre agricole
Savoir analyser
Expliquer l'offre des produits de base malgaches (vanille, riz, textile)
Savoir produire

1. La fonction d'offre et ses déterminants

La quantité offerte dépend du prix du bien, mais aussi d'autres variables : le prix des facteurs de production (main-d'œuvre, engrais, carburant), la technologie, le nombre de producteurs, les anticipations et les conditions naturelles (climat, saisons). Dans l'écriture économique : Qo = f(P, coûts, technologie, climat, …).

2. Déplacement le long de la courbe ou déplacement de la courbe

  • Mouvement le long de la courbe : seule la variation du prix du bien change la quantité offerte. Une hausse du prix fait monter le long de la courbe d'offre.
  • Déplacement de la courbe : une variation des autres déterminants (coûts, technologie, climat) déplace toute la courbe. Une baisse des coûts de production déplace l'offre vers la droite ; une sécheresse la déplace vers la gauche.

3. Application au marché agricole malgache

L'offre de riz à Madagascar est très sensible au climat et aux intrants : le prix des engrais, souvent importés, et la pluviométrie des régions rizicoles (Alaotra, Marovoay) déterminent les récoltes. Une bonne saison déplace l'offre vers la droite et fait baisser le prix ; une sécheresse déplace l'offre vers la gauche et fait monter le prix, comme lors des crises alimentaires du Sud. L'offre de vanille, elle, est rigide à court terme : la production se décide 3 à 4 ans à l'avance, si bien que les variations de prix ont peu d'effet immédiat sur les quantités.

4. L'offre de travail et d'exportation

Sur le marché du travail, l'offre de travail des ménages augmente avec le salaire réel. Pour les zones franches textiles (export processing zones), l'offre dépend du coût du travail comparé aux pays concurrents (Maurice, Bangladesh) et des conditions commerciales (AGOA, SGP+).

Exercice 4 — L'offre

a) Enumérez les cinq déterminants de l'offre et donnez un exemple malgache pour chacun.

b) Distinguez : une hausse du prix du manioc (déplacement le long) et une baisse du prix des semences (déplacement de la courbe). Tracez les deux situations.

c) Une inondation détruit 30 % de la récolte de riz d'Alaotra. Montrez l'effet sur l'offre, le prix et la quantité d'équilibre.

d) BONUS — Pourquoi l'offre de vanille réagit-elle lentement à la hausse des prix ? Expliquez le rôle du temps de production et dessinez une courbe d'offre « rigide ».

5

Chapitre 5 — La demande : déterminants, fonction et déplacements

Semaine 3CM · 2h
Expliquer la fonction de demande et la loi de la demande
Savoir expliquer
Distinguer biens normaux, biens inférieurs, substituts et compléments
Savoir faire
Analyser les déplacements de la courbe de demande (revenu, goûts, prix des biens liés)
Savoir analyser
Interpréter la demande effective à Madagascar (riz, énergie, mobile)
Savoir produire

1. La fonction de demande

La quantité demandée dépend du prix du bien, du revenu des consommateurs, du prix des biens liés (substituts et compléments), des goûts et des anticipations. Qd = f(P, revenu, prix des substituts, prix des compléments, goûts, …). Toutes choses égales par ailleurs, une hausse du prix réduit la quantité demandée (loi de la demande).

2. Types de biens

Type de bienEffet d'une hausse du revenuExemple
Bien normalLa demande augmenteViande, éducation privée, transport
Bien inférieurLa demande diminueRiz de qualité courante, friperie (second choix)
Bien substitutLe prix d'un substitut augmente → demande de l'autre augmenteManioc / riz, MVola / Orange Money
Bien complémentaireLe prix d'un complément augmente → demande de l'autre diminueSmartphone / recharge, moto / carburant

3. Déplacements de la demande

Une hausse du revenu déplace la demande d'un bien normal vers la droite. Une baisse du prix d'un substitut déplace la demande vers la gauche. La saisonnalité joue aussi : la demande de riz augmente avant les fêtes, celle de poisson varie avec les fêtes religieuses. Dans la pratique malgache, la saison de soudure (novembre-mars) voit une forte demande de produits de base alors que les stocks diminuent.

4. Demande individuelle et demande de marché

La demande de marché est la somme horizontale des demandes individuelles : à chaque prix, on additionne les quantités demandées par tous les consommateurs. C'est cette demande agrégée que confrontent les entreprises.

Exercice 5 — La demande

a) Listez les déterminants de la demande et classez les biens suivants : le manioc, un billet d'avion TNR-DIE, l'essence et la moto (compléments), le riz local et le riz importé (substituts).

b) La demande individuelle de riz d'un ménage est Qd = 10 − 0,002P (kg/mois, P en Ar/kg). Calculez la quantité demandée à P = 2 000 Ar puis à P = 2 500 Ar, et tracez la courbe.

c) Le prix du manioc chute de 30 %. Expliquez et tracez l'effet sur la demande de riz (biens substituts).

d) BONUS — Une campagne publicitaire sur le tourisme balnéaire de Tuléar déplace la demande de services hôteliers. Tracez l'effet et discutez de son impact sur les prix locaux.

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Chapitre 6 — L'élasticité : prix, revenu et élasticité croisée

Semaine 3CM+TP · 2h
Définir et calculer l'élasticité-prix de la demande
Savoir expliquer
Distinguer demande élastique, inélastique et unitaire
Savoir faire
Interpréter l'élasticité-revenu et l'élasticité croisée
Savoir analyser
Relier l'élasticité à la recette totale des producteurs (riz, vanille, transport)
Savoir produire

1. L'élasticité-prix de la demande

L'élasticité-prix de la demande (E) mesure la réaction de la quantité demandée à une variation du prix : E = (ΔQd/Qd) ÷ (ΔP/P). En valeur absolue : si E > 1, la demande est élastique (les consommateurs réagissent fortement au prix) ; si E < 1, elle est inélastique (la quantité varie peu). Les biens de première nécessité comme le riz ont une demande inélastique à court terme ; les produits de luxe ont une demande élastique.

2. Élasticité et recette totale

La recette totale d'un producteur (P × Q) évolue selon l'élasticité : si la demande est élastique, une baisse de prix augmente tellement la quantité vendue que la recette totale monte ; si elle est inélastique, une hausse de prix augmente la recette. Cette logique guide les tarifs de transport, les taxes et les prix agricoles.

3. Élasticité-revenu et élasticité croisée

  • Élasticité-revenu : variation de la demande quand le revenu varie. Positive pour les biens normaux, négative pour les biens inférieurs.
  • Élasticité croisée : variation de la demande d'un bien quand le prix d'un autre bien varie. Positive entre substituts, négative entre compléments.

4. Élasticité de l'offre

L'élasticité-prix de l'offre mesure la réaction des quantités offertes au prix. Elle dépend de la flexibilité de la production : l'offre agricole de vanille est rigide à court terme (production programmée des années à l'avance), l'offre industrielle de textile est plus élastique.

BienType de demandeConséquence pour le producteur
Riz (court terme)Inélastique (E ≈ 0,2)Une hausse de prix augmente la recette totale
Transport interurbainÉlastique (E ≈ 1,3)Une hausse de prix réduit fortement les passagers
Vanille d'exportationÉlastique à long termeLes importateurs négocient et se reportent sur d'autres arômes
Électricité (JIRAMA)InélastiqueLa demande varie peu malgré les coupures et tarifs
Exercice 6 — L'élasticité

a) Le prix du billet de car Toliara–Tana passe de 80 000 à 96 000 Ar (+20 %) ; la demande passe de 100 à 88 passagers (−12 %). Calculez l'élasticité-prix et interprétez.

b) La demande de riz est de 10 tonnes à 2 000 Ar/kg et de 9 tonnes à 2 400 Ar/kg. Calculez E et dites si la recette totale augmente ou diminue quand le prix monte.

c) L'élasticité-revenu du manioc est de −0,5 et celle de la viande de +1,8. Interprétez chaque signe et classez les biens.

d) BONUS — Un opérateur télécom veut baisser ses tarifs de données de 20 % : élastiques ou inélastiques, quelle conséquence sur son chiffre d'affaires ? Justifiez avec le concept d'élasticité.

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Chapitre 7 — Le consommateur : utilité, budget et choix optimal

Semaine 4CM · 2h
Expliquer les notions d'utilité totale, marginale et décroissante
Savoir expliquer
Construire la contrainte budgétaire d'un consommateur
Savoir faire
Appliquer la règle d'égalisation des utilités marginales par unité de monnaie
Savoir analyser
Analyser l'effet d'une variation de revenu et de prix sur le choix du consommateur
Savoir produire

1. Utilité totale et utilité marginale

Le consommateur cherche à maximiser sa satisfaction, appelée utilité. L'utilité totale (UT) est la satisfaction retirée de la consommation d'une quantité donnée ; l'utilité marginale (Um) est l'augmentation d'utilité procurée par la dernière unité consommée. La loi de l'utilité marginale décroissante : chaque unité supplémentaire apporte moins de satisfaction que la précédente (la première assiette de riz rassasie, la cinquième est de trop).

2. La contrainte budgétaire

Le consommateur ne peut dépenser plus que son revenu R. Avec deux biens X (prix Px) et Y (prix Py), la contrainte s'écrit : Px·X + Py·Y = R. La droite de budget relie les combinaisons maximales atteignables : sa pente est −Px/Py. Une hausse du revenu déplace la droite vers l'extérieur ; une hausse du prix d'un bien la fait pivoter.

3. Le choix optimal

Le panier optimal est le point de tangence entre la droite de budget et la courbe d'indifférence la plus élevée, ce qui revient à la règle d'égalisation des utilités marginales pondérées : Umx/Px = Umy/Py. En d'autres termes, la dernière ariary dépensée sur chaque bien doit procurer la même satisfaction marginale.

4. Effets revenu et substitution

Une baisse du prix d'un bien a deux effets. L'effet substitution : le bien devient relativement moins cher, on en consomme plus et on se détourne des substituts. L'effet revenu : le consommateur se sent plus riche et ajuste ses achats selon le type de bien (normal ou inférieur).

Exercice 7 — Le consommateur

a) Complétez le tableau suivant (UT en utils) : X = 0 → UT = 0 ; X = 1 → UT = 12 ; X = 2 → UT = 20 ; X = 3 → UT = 26 ; X = 4 → UT = 30 ; X = 5 → UT = 32. Calculez l'utilité marginale de chaque unité et vérifiez la loi de décroissance.

b) Un étudiant dispose de R = 20 000 Ar. Le riz vaut 2 000 Ar/kg (bien X) et le transport 1 000 Ar/trajet (bien Y). Écrivez la contrainte budgétaire et tracez la droite de budget. Que se passe-t-il si le prix du transport passe à 2 000 Ar ?

c) Avec Umx = 30 utils et Px = 1 000 Ar, Umy = 15 utils et Py = 1 000 Ar, le consommateur est-il à l'optimum ? Que doit-il faire ?

d) BONUS — Expliquez l'effet revenu et l'effet substitution d'une baisse du prix du riz sur la consommation d'un ménage malgache, en distinguant riz normal et riz inférieur.

8

Chapitre 8 — Le producteur : fonction de production et rendements

Semaine 4CM · 2h
Définir la fonction de production et les facteurs de production
Savoir expliquer
Distinguer productivité moyenne et productivité marginale
Savoir faire
Analyser la loi des rendements décroissants
Savoir analyser
Appliquer la fonction de production à un atelier artisanal ou agricole de Tuléar
Savoir produire

1. La fonction de production

La fonction de production Q = f(K, L) relie la quantité produite Q aux quantités de capital K (machines, outils) et de travail L (main-d'œuvre). Elle décrit ce que peut produire une entreprise avec une combinaison donnée de facteurs et une technologie donnée.

2. Productivité moyenne et productivité marginale

  • Productivité moyenne du travail (PM) : production par travailleur, PM = Q/L.
  • Productivité marginale du travail (Pm) : production ajoutée par le dernier travailleur embauché, Pm = ΔQ/ΔL.

3. La loi des rendements décroissants

À court terme, le capital est fixe. En ajoutant des travailleurs sur une même surface ou une même machine, la production augmente d'abord (rendements croissants), puis la productivité marginale décroît à partir d'un certain point (rendements décroissants) et peut devenir négative si la main-d'œuvre devient surabondante. C'est la loi des rendements décroissants, centrale en économie agricole.

Travailleurs LProduction Q (kg/jour)Pm = ΔQ/ΔLPM = Q/L
00
1100100100
2220120110
3320100107
43907098
54203084

Dans ce tableau, la productivité marginale du travail augmente (100 → 120) puis diminue (120 → 30) : le rendement marginal est décroissant à partir du troisième travailleur.

4. Rendements d'échelle et combinaison optimale

À long terme, tous les facteurs varient. Si l'entreprise double ses facteurs et que la production double, les rendements d'échelle sont constants ; plus que proportionnels → croissants ; moins que proportionnels → décroissants. La combinaison optimale est atteinte quand le rapport productivité marginale / coût du facteur est égal pour tous les facteurs : PmL/w = PmK/r.

Exercice 8 — Le producteur

a) À partir du tableau ci-dessus, tracez les courbes PM et Pm et délimitez les zones de rendements croissants et décroissants.

b) Une parcelle de 1 ha produit avec L travailleurs : Q = 30 + 40L − 3L². Calculez la production avec 1, 3, 5 et 7 travailleurs, puis la productivité marginale du 4ᵉ et du 6ᵉ travailleur.

c) Pourquoi l'embauche de travailleurs supplémentaires sur une même machine finit-elle par réduire la production totale ? Justifiez avec la loi des rendements décroissants.

d) BONUS — Un atelier de transformation de crevettes de Tuléar a des rendements d'échelle croissants : expliquez ce que cela signifie concrètement et les avantages d'un agrandissement.

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Chapitre 9 — Les coûts de production et le seuil de rentabilité

Semaine 5CM · 2h
Distinguer coûts fixes, variables, total, moyen et marginal
Savoir expliquer
Calculer et représenter les différentes courbes de coût
Savoir faire
Déterminer le seuil de rentabilité d'une exploitation
Savoir analyser
Appliquer l'analyse des coûts à une petite entreprise malgache
Savoir produire

1. Les différents coûts

  • Coût fixe (CF) : indépendant de la quantité produite (loyer, amortissement, assurance).
  • Coût variable (CV) : proportionnel ou progressif selon la production (matières premières, main-d'œuvre, énergie).
  • Coût total (CT) : CT = CF + CV.
  • Coût moyen (CM) : coût par unité produite, CM = CT/Q. D'abord décroissant, puis croissant.
  • Coût marginal (Cm) : coût de la dernière unité produite, Cm = ΔCT/ΔQ. Il coupe le coût moyen à son minimum.

2. Le seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité est la quantité à partir de laquelle l'entreprise couvre tous ses coûts : la recette totale (P × Q) devient égale au coût total (CF + CV). En dessous, l'entreprise perd de l'argent ; au-dessus, elle réalise un bénéfice. On le calcule par : Seuil = CF ÷ (P − CV unitaire), où (P − CV unitaire) est la marge sur coût variable unitaire.

3. Application : une ferme de poissons de Tuléar

Une ferme d'élevage de poissons vend ses produits à P = 8 000 Ar/kg. Ses coûts fixes (bassins, matériel, gestion) s'élèvent à 4 000 000 Ar/mois ; son coût variable unitaire (aliments, énergie, salaires des soigneurs) est de 5 000 Ar/kg. La marge unitaire est donc de 3 000 Ar et le seuil de rentabilité est de 4 000 000 ÷ 3 000 ≈ 1 333 kg/mois. En dessous de cette production, la ferme est déficitaire.

Quantité Q (kg)CF (Ar)CV (Ar)CT (Ar)CM (Ar/kg)Cm (Ar/kg)
04 000 00004 000 000
5004 000 0002 500 0006 500 00013 000
1 0004 000 0005 000 0009 000 0009 0005 000
1 3334 000 0006 665 00010 665 0008 0005 000
2 0004 000 00010 000 00014 000 0007 0005 000

4. Les économies d'échelle

Quand le coût moyen diminue avec la production, l'entreprise bénéficie d'économies d'échelle (achats en gros, spécialisation, technologie). Les entreprises plus grandes peuvent produire à coût unitaire plus bas, ce qui explique la concentration de certaines industries (ciment, télécommunications) où le coût fixe initial est élevé.

Exercice 9 — Les coûts de production

a) Complétez le tableau des coûts de la ferme de poissons pour Q = 1 600 kg (CF = 4 000 000, CV = 8 000 000) et vérifiez le seuil de rentabilité avec la formule.

b) Une boulangerie de Tuléar a CF = 3 000 000 Ar/mois, vend le pain à 600 Ar avec un coût variable unitaire de 300 Ar. Calculez le seuil de rentabilité en quantité.

c) Expliquez pourquoi le coût moyen est d'abord décroissant puis croissant, et pourquoi le coût marginal coupe le coût moyen à son minimum.

d) BONUS — Comparez la structure des coûts d'une ferme maraîchère (coûts variables dominants) et d'un opérateur télécom (coûts fixes dominants), puis reliez chaque cas aux économies d'échelle.

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Chapitre 10 — Les structures de marché : concurrence et monopole

Semaine 5CM+TP · 2h
Décrire les quatre structures de marché types
Savoir expliquer
Identifier les conditions de la concurrence pure et parfaite
Savoir faire
Comparer les équilibres de concurrence et de monopole
Savoir analyser
Relier les structures de marché aux secteurs économiques de Madagascar
Savoir produire

1. Les quatre structures de marché

StructureNombre de vendeursNature du produitPouvoir sur le prixExemple
Concurrence pure et parfaite (CPP)Très nombreuxHomogèneAucun (price taker)Marchés agricoles de gros (riz, maïs)
Concurrence monopolistiqueNombreuxDifférenciéFaibleRestaurants, coiffeurs, artisans
OligopoleQuelquesHomogène ou différenciéFort (interdépendance)Télécoms (Telma, Airtel, Orange), pétroliers
MonopoleUn seulUnique (sans substitut)TotalJIRAMA (électricité, historique)

2. La concurrence pure et parfaite (CPP)

La CPP suppose cinq conditions : l'atomicité (beaucoup d'offreurs et de demandeurs), l'homogénéité du produit, la libre entrée sur le marché, la transparence de l'information et la mobilité des facteurs. Chaque producteur est un price taker : il ne peut pas influencer le prix de marché et maximise son profit en produisant la quantité où le coût marginal égale le prix (P = Cm).

3. Le monopole

En monopole, l'entreprise unique est un price maker : elle choisit la quantité qui maximise son profit (recette marginale = coût marginal) puis fixe le prix correspondant, plus élevé qu'en concurrence. Le monopole engendre une perte sèche (une partie des échanges mutuellement avantageux ne se réalise pas). Les monopoles naturels (réseaux d'eau, d'électricité, de rails) s'expliquent par des coûts fixes très élevés.

4. L'oligopole et l'interdépendance

En oligopole, chaque entreprise doit anticiper la réaction de ses concurrents. Le secteur télécom malgache illustre cette logique : quand un opérateur lance une offre de data, les autres répliquent rapidement. Les oligopoles peuvent aboutir à des accords tacites de prix (ententes), généralement interdites par le droit de la concurrence et surveillées par des autorités comme le Conseil de la Concurrence malgache.

Exercice 10 — Les structures de marché

a) Complétez le tableau des quatre structures de marché avec pour chacune : nombre de vendeurs, type de produit, pouvoir sur le prix et un exemple malgache.

b) Vérifiez si le marché du poisson frais au port de Tuléar satisfait les cinq conditions de la concurrence pure et parfaite.

c) En monopole, la recette marginale est inférieure au prix. Expliquez pourquoi et montrez que la quantité produite en monopole est plus faible qu'en concurrence.

d) BONUS — Le marché de l'énergie à Madagascar est-il un monopole naturel ? Justifiez, puis proposez deux façons de réguler un monopole au bénéfice des consommateurs.

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Chapitre 11 — Les agrégats de la comptabilité nationale : PIB et revenu national

Semaine 6CM · 2h
Définir le PIB, la valeur ajoutée et le revenu national
Savoir expliquer
Calculer le PIB par les trois approches (production, revenus, dépenses)
Savoir faire
Distinguer PIB nominal et PIB réel, et interpréter le PIB par habitant
Savoir analyser
Analyser les limites du PIB et la structure du PIB malgache
Savoir produire

1. La valeur ajoutée et le PIB

La valeur ajoutée (VA) d'une entreprise est la différence entre la valeur de sa production et la valeur des consommations intermédiaires (achats auprès d'autres entreprises). Le PIB (produit intérieur brut) est la somme des valeurs ajoutées réalisées sur le territoire national au cours d'une période. Il mesure la richesse créée dans le pays.

2. Les trois approches du PIB

  • Approche production : PIB = somme des valeurs ajoutées + impôts nets de subventions sur les produits.
  • Approche revenus : PIB = salaires + profits + intérêts + impôts sur la production.
  • Approche dépenses : PIB = Consommation finale + Investissement + Exportations − Importations (C + I + X − M).

3. PIB nominal, PIB réel et PIB par habitant

Le PIB nominal est évalué aux prix courants de l'année : il peut augmenter simplement parce que les prix montent. Le PIB réel est évalué aux prix d'une année de référence : il mesure la croissance en volume. La croissance est la variation du PIB réel. Le PIB par habitant (PIB/population) est un indicateur de niveau de vie moyen.

4. Le PIB de Madagascar

IndicateurValeur (ordre de grandeur 2024)Commentaire
PIB nominal≈ 15 milliards USDPays en développement (groupe PFRAD)
Croissance réelle≈ 4 à 5 % par anInférieure à la cible de l'émergence
PIB par habitant≈ 500 USDParmi les plus faibles d'Afrique
Part de l'agriculture≈ 22 % du PIBEmployant la majorité des actifs
Part des services≈ 55 % du PIBTourisme, transport, télécoms

5. Les limites du PIB

Le PIB ignore l'économie informelle (importante à Madagascar), l'économie domestique non monétaire, la dégradation de l'environnement et la répartition des richesses. Deux pays avec le même PIB par habitant peuvent avoir des niveaux de vie très différents. Des indicateurs alternatifs (IDH, Indice de Bonheur, indicateurs de développement durable) complètent la mesure.

Exercice 11 — Les agrégats de la comptabilité nationale

a) Une usine achète pour 800 millions d'Ar de matières premières et de services et vend sa production 1 500 millions d'Ar. Calculez sa valeur ajoutée.

b) Avec C = 12 000 milliards d'Ar, I = 4 000, G = 3 000, X = 3 500 et M = 4 200, calculez le PIB par l'approche dépenses.

c) Le PIB nominal passe de 100 à 110 milliards d'Ar alors que l'inflation est de 6 %. Calculez la croissance réelle et commentez.

d) BONUS — Discutez pourquoi le PIB malgache peut sous-estimer le bien-être réel des ménages ruraux (subsistance, informalité, environnement). Proposez un indicateur complémentaire.

12

Chapitre 12 — L'inflation : mesure, causes et conséquences

Semaine 6CM+TP · 2h
Définir l'inflation et expliquer la construction de l'indice des prix
Savoir expliquer
Calculer un taux d'inflation à partir d'un indice des prix à la consommation
Savoir faire
Distinguer les causes monétaires, par la demande et par les coûts
Savoir analyser
Évaluer les conséquences de l'inflation sur les ménages malgaches et la politique de la BCM
Savoir produire

1. Définition et mesure

L'inflation est la hausse générale et durable des prix. On la mesure par l'indice des prix à la consommation (IPC), qui suit l'évolution du prix d'un panier représentatif des biens et services consommés par les ménages. Le taux d'inflation entre deux périodes se calcule par : (IPC₁ − IPC₀) ÷ IPC₀ × 100. À Madagascar, l'INSTAT publie chaque mois l'IPC.

2. Les causes de l'inflation

Type d'inflationMécanismeExemple à Madagascar
Par la demandeLa demande globale dépasse la capacité de productionPoussée de consommation pendant les fêtes
Par les coûtsHausse des coûts de production répercutée sur les prixHausse du prix du carburant et des transports
MonétaireCréation excessive de monnaieFinancement du déficit par la planche à billets
ImportéeHausse des prix des biens importésDépréciation de l'ariary, hausse des produits pétroliers

3. Les conséquences de l'inflation

L'inflation réduit le pouvoir d'achat : avec un revenu nominal fixe, on achète moins de biens. Elle pénalise les épargnants (la valeur réelle de l'épargne fond) et avantage les débiteurs (la dette réelle diminue). Elle brouille les calculs économiques et décourage l'investissement et l'épargne en monnaie nationale. Les ménages pauvres, qui consacrent l'essentiel de leur budget aux biens alimentaires, sont les plus touchés.

4. Le rôle de la banque centrale

La Banque centrale de Madagascar (BFM) conduit la politique monétaire pour maintenir la stabilité des prix. Elle agit sur le taux directeur (le coût de refinancement des banques) : quand l'inflation monte, elle relève son taux pour freiner la création de crédit et de monnaie. La lutte contre l'inflation repose aussi sur la stabilité du taux de change, car l'ariary déprécié renchérit les importations.

Exercice 12 — L'inflation

a) L'IPC passe de 118 à 124,5 entre décembre et juin. Calculez le taux d'inflation sur la période.

b) Le prix du carburant augmente de 15 % et celui des transports de 10 %. Expliquez comment cette hausse se diffuse au prix du riz et du pain (inflation par les coûts).

c) Un salarié gagne 600 000 Ar et l'inflation est de 8 %. Calculez la variation de son pouvoir d'achat en termes réels.

d) BONUS — La BFM relève son taux directeur de 9,5 % à 11 %. Expliquez la chaîne de transmission : taux directeur → crédit → demande → inflation.

13

Chapitre 13 — Le chômage : définition, formes et remèdes

Semaine 7CM · 2h
Définir la population active, le chômage et le sous-emploi
Savoir expliquer
Calculer et interpréter un taux de chômage
Savoir faire
Distinguer les formes de chômage (frictionnel, structurel, conjoncturel, déguisé)
Savoir analyser
Relier les politiques de l'emploi aux défis du marché du travail malgache
Savoir produire

1. Population active, chômage et sous-emploi

La population active regroupe les personnes en âge de travailler qui exercent un emploi ou en recherchent un activement. Le chômeur est un actif sans emploi à la recherche d'un travail. Le sous-emploi recouvre les personnes qui travaillent moins qu'elles ne le souhaitent (temps partiel subi, emplois précaires) ou à faible productivité. Le taux de chômage = chômeurs ÷ population active × 100.

2. Les formes de chômage

FormeOrigineDurée typiqueRéponse possible
FrictionnelTemps entre deux emplois, mobilité, informationCourteAméliorer l'information sur les offres
StructurelInadéquation compétences/emplois, mutations sectoriellesLongueFormation professionnelle
ConjoncturelRalentissement de l'activité économiqueVariableRelance de la demande
SaisonnierVariations des saisons (agriculture, tourisme)RécurrenteActivités complémentaires, diversification
Déguisé (sous-emploi)Emplois à très faible productivitéLongueCréation d'emplois productifs

3. Le marché du travail à Madagascar

Le chômage au sens strict est relativement faible à Madagascar car le marché du travail est largement informel : la majorité des actifs « travaillent » (agriculture de subsistance, petit commerce) sans être officiellement employés. Le problème central est plutôt le sous-emploi et la faible productivité. Les jeunes diplômés des universités, en revanche, connaissent un chômage d'insertion élevé, révélateur d'un chômage structurel : les formations sont mal adaptées aux besoins des entreprises.

4. Les politiques de l'emploi

Les politiques actives de l'emploi visent à mieux faire correspondre offre et demande de travail : formation professionnelle, aide à l'insertion, appui à l'entrepreneuriat, soutien aux TPE/PME. Les politiques passives indemnisent les chômeurs (quasi inexistantes à Madagascar faute d'assurance chômage). La croissance économique reste le premier remède : un PIB qui croît plus vite que la population active crée des emplois nets.

Exercice 13 — Le chômage

a) Une ville compte 120 000 actifs dont 9 600 chômeurs. Calculez le taux de chômage.

b) Classez ces situations : un diplômé en informatique qui cherche 8 mois un premier emploi ; un pêcheur qui ne travaille que 3 mois par an ; un ouvrier licencié pendant la crise ; un employé de bureau qui attend une meilleure offre.

c) Expliquez pourquoi le chômage au sens du BIT est un indicateur trompeur à Madagascar et pourquoi le sous-emploi est plus pertinent.

d) BONUS — Proposez trois politiques actives adaptées au chômage des jeunes à Tuléar (secteurs tourisme, pêche, agriculture) et justifiez chacune.

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Chapitre 14 — Les politiques économiques : budgétaire, monétaire et structurelles

Semaine 7CM · 2h
Définir les objectifs de la politique économique (carré magique)
Savoir expliquer
Distinguer politique budgétaire et politique monétaire, expansionniste et restrictive
Savoir faire
Analyser les arbitrages entre croissance, emploi, prix et extérieur
Savoir analyser
Appliquer ces politiques aux défis de Madagascar (budget, BFM, réformes)
Savoir produire

1. Les objectifs : le carré magique

La politique économique poursuit quatre grands objectifs résumés dans le carré magique de Nicolas Kaldor : la croissance, l'emploi (faible chômage), la stabilité des prix (faible inflation) et l'équilibre extérieur (balance des paiements maîtrisée). Ces objectifs sont partiellement contradictoires : stimuler la croissance peut raviver l'inflation, d'où des arbitrages constants.

2. La politique budgétaire

La politique budgétaire utilise le budget de l'État (recettes fiscales et dépenses publiques). En période de ralentissement, une politique expansionniste augmente les dépenses publiques ou baisse les impôts pour soutenir la demande ; en période de surchauffe, une politique restrictive freine la demande. Le multiplicateur keynésien amplifie l'effet d'une dépense publique : une dépense supplémentaire crée des revenus, qui génèrent de nouvelles dépenses, etc.

3. La politique monétaire

Conduite par la banque centrale, la politique monétaire agit sur la quantité de monnaie et le taux d'intérêt directeur. Pour freiner l'inflation, la banque centrale relève ses taux (politique restrictive) ; pour soutenir l'activité, elle les baisse (politique expansionniste). Elle peut aussi agir sur les réserves obligatoires des banques ou sur le marché des changes pour stabiliser l'ariary.

PolitiqueInstrumentExpansionnisteRestrictive
BudgétaireDépenses publiques, impôtsHausse des dépenses, baisse des impôtsBaisse des dépenses, hausse des impôts
MonétaireTaux directeur, réserves, changesBaisse du taux, injection de liquiditésHausse du taux, résorption de liquidités
StructurelleRéformes des institutions et des marchésLibéralisation, simplification, éducationDiscipline budgétaire, assainissement

4. Les politiques structurelles

Au-delà de la demande, les réformes structurelles améliorent l'offre à long terme : qualité de la gouvernance, climat des affaires, éducation et formation, infrastructures, formalisation de l'économie, accès au crédit pour les PME. Ce sont ces réformes que visent les stratégies nationales de développement malgaches (dont la Politique Générale de l'État et les documents stratégiques de réduction de la pauvreté).

5. Le contexte malgache

La politique économique malgache doit composer avec un déficit budgétaire fréquent, un endettement modéré mais croissant, une inflation qui dépasse souvent l'objectif et une dépendance aux financements internationaux (FMI, Banque mondiale). Le financement du déficit par le système bancaire doit rester prudent pour ne pas alimenter l'inflation. La priorité est de créer une croissance inclusive qui transforme le développement en emplois et en réduction de la pauvreté.

Exercice 14 — Les politiques économiques

a) Rappelez les quatre objectifs du carré magique et illustrez un arbitrage entre deux d'entre eux dans le cas malgache.

b) En pleine récession, l'État augmente ses investissements publics de 500 milliards d'Ar avec un multiplicateur de 1,5. Calculez l'impact sur le PIB et commentez.

c) L'inflation atteint 10 % et la BFM veut la ramener vers 5 %. Décrivez les instruments qu'elle peut mobiliser et leurs effets.

d) BONUS — Imaginez la réponse économique recommandée face à une sécheresse qui réduit la production agricole du Grand Sud : politique budgétaire, monétaire et structurelles à mobiliser, avec leurs limites.

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TD 1-2, Devoirs 1-2 et Examen — Synthèse, QCM et évaluation finale

Semaine 8-10TD+Examen · 2h
Expliquer les consignes des TD, des devoirs et de l'examen final
Savoir expliquer
Appliquer les outils microéconomiques et macroéconomiques à des cas concrets
Savoir faire
Analyser un sujet d'examen et structurer une réponse complète
Savoir analyser
Produire un dossier de synthèse (TD + devoirs) prêt à évaluer
Savoir produire

1. Consignes des travaux dirigés

  • TD1 — L'équilibre de marché du riz : calculez le prix et la quantité d'équilibre à partir d'une fonction d'offre et de demande, puis analysez graphiquement l'effet d'un prix plafond. Rendu : fiche de calculs et graphique annoté.
  • TD2 — Étude de cas sectorielle : choisissez un secteur de l'économie de Tuléar (pêche, tourisme, agriculture, textile) et appliquez les notions du cours (offre, demande, élasticité, coûts, structure de marché). Rendu : fiche d'analyse de 3 pages.

2. Devoir 1 — Analyse microéconomique (semaine 8)

Le Devoir 1 consiste en une étude microéconomique d'un marché local (20 points) : description du marché (structure, acteurs), déterminants de l'offre et de la demande, calcul d'élasticités à partir de données simples, coûts et seuil de rentabilité d'une entreprise du secteur, recommandations. Critères : rigueur des calculs (6 points), pertinence de l'analyse (8 points), qualité de la présentation (6 points).

3. Devoir 2 — Analyse macroéconomique (semaine 10)

Le Devoir 2 est une note macroéconomique sur Madagascar (20 points) : présentation du PIB et de sa structure, analyse de l'inflation et du chômage à partir des publications de l'INSTAT et de la BFM, puis propositions de politiques économiques justifiées (budgétaire, monétaire, structurelles).

4. Examen final — Sujet type (2h)

  • Exercice 1 — Questions de cours (6 points) : définitions (coût d'opportunité, élasticité, PIB réel, inflation importée), schémas (équilibre de marché, circuit économique), auteurs et courants.
  • Exercice 2 — Calculs (8 points) : équilibre de marché, seuil de rentabilité, taux d'inflation, croissance réelle, taux de chômage.
  • Exercice 3 — Étude de cas Madagascar (6 points) : analyse d'un texte sur le prix du riz ou la politique monétaire de la BFM avec application des notions du cours.

5. Supports complémentaires

Le cours est accompagné d'un plan détaillé du cours, d'un calendrier pédagogique sur 10 semaines, d'une banque de 20 QCM corrigés et expliqués (2 par chapitre), de fiches de révision par chapitre, d'un corrigé type de l'examen et de la grille d'évaluation LMD utilisée pour la notation (barème détaillé par exercice).

qcm-revision.txtBanque de QCM — 2 par chapitre
1.  Le coût d'opportunité d'un choix est : (a) le prix payé / (b) la meilleure alternative
    abandonnée / (c) le coût total de production.                      → (b)
2.  La courbe d'offre est : (a) croissante / (b) décroissante / (c) verticale.  → (a)
3.  Un prix plafond sous le prix d'équilibre crée : (a) un surplus / (b) une
    pénurie / (c) rien.                                                 → (b)
4.  Un bien inférieur voit sa demande : (a) augmenter / (b) diminuer quand le
    revenu augmente.                                                     → (b)
5.  Si E > 1, la demande est : (a) élastique / (b) inélastique.        → (a)
6.  Le seuil de rentabilité se calcule : CF ÷ (P − CV unitaire). VRAI ou FAUX. → VRAI
7.  En monopole, le producteur est : (a) price taker / (b) price maker. → (b)
8.  Le PIB réel est mesuré : (a) aux prix courants / (b) aux prix de
    l'année de référence.                                               → (b)
9.  L'inflation par les coûts est provoquée par : (a) la hausse des coûts de
    production / (b) la baisse de la demande.                            → (a)
10. Le chômage structurel résulte : (a) d'une crise passagère / (b) d'une
    inadéquation entre compétences et emplois.                           → (b)
✅ Corrigé — TD1 : l'équilibre de marché du riz

Enoncé : Qd = 5 200 − 1 200P et Qo = −1 000 + 1 900P (P en milliers d'Ar).

  • Équilibre : Qd = Qo → 5 200 − 1 200P = −1 000 + 1 900P → 6 200 = 3 100P → P* = 2 (soit 2 000 Ar/kg). En reportant : Q* = 5 200 − 2 400 = 2 800 tonnes. Vérification avec l'offre : −1 000 + 3 800 = 2 800 ✓.
  • Prix plafond à 1 500 Ar (P = 1,5) : Qd = 5 200 − 1 800 = 3 400 tonnes ; Qo = −1 000 + 2 850 = 1 850 tonnes. La demande excède l'offre de 1 550 tonnes → pénurie. Conséquences : files d'attente, rationnement, marché noir à prix supérieurs.
  • Graphique : courbes de demande (décroissante) et d'offre (croissante), point d'équilibre (2 ; 2 800), et segment vertical horizontal du plafond en dessous de l'équilibre.
✅ Corrigé — Examen : éléments de correction
  • Exercice 1 : coût d'opportunité = meilleure alternative abandonnée ; élasticité-prix = (ΔQd/Qd) ÷ (ΔP/P) ; PIB réel = valeur de la production aux prix d'une année de référence ; inflation importée = hausse des prix transmise par les biens importés (ex. pétrole, dépréciation de l'ariary). Circuit économique : ménages (consommation, travail) ⇄ entreprises (production, salaires), avec l'État (impôts, redistribution) et l'extérieur (X/M).
  • Exercice 2 : seuil de rentabilité de la boulangerie = 3 000 000 ÷ (600 − 300) = 10 000 pains ; taux d'inflation = (124,5 − 118) ÷ 118 = 5,5 % ; croissance réelle = 10 % nominal − 6 % inflation ≈ 3,8 % (calcul exact : (110/106) − 1 ≈ 3,8 %) ; taux de chômage = 9 600 ÷ 120 000 = 8 %.
  • Exercice 3 : l'étude de cas doit mobiliser la loi de l'offre et de la demande (sécheresse → offre réduite → prix en hausse), la notion d'élasticité (demande de riz inélastique → forte hausse de prix et de recette), le rôle de l'État (prix plafond ou subvention) et de la BFM (politique monétaire pour contenir l'inflation). Une réponse complète structure : identification du problème, mobilisation des concepts, analyse chiffrée, recommandations.
Exercice 15 — Synthèse et préparation à l'évaluation

a) Refaites les TD1 et TD2 dans les conditions de l'examen (sans notes, chronométré) puis comparez avec les corrigés fournis.

b) Résolvez 10 QCM supplémentaires de la banque d'exercices et expliquez par écrit le choix de chaque réponse.

c) Rédigez la fiche de révision d'un chapitre au choix : notions clés, schémas, formules, erreurs à éviter.

d) BONUS — Préparez la soutenance de vos deux devoirs : plan en 8 minutes et trois questions probables du jury sur les choix méthodologiques.